• mariloulantieri

La couleur pour les entreprises

Mis à jour : 27 juin 2019


A la fin de l’été 2018 La Charpente a inauguré un nouveau modèle pédagogique : le stage en entreprise.


Nous avons pu transmettre les subtilités de la couleur dans le champ de la peinture à des coloristes dans le domaine cosmétique.

Cette grande entreprise française d’envergure internationale a fait profiter de l’atelier à une vingtaine de ses employés pendant un après-midi, à la suite d’une visite guidée au musée d’Orsay.

Ces professionnels sont spécialisés dans les produits de beauté tels que les mascaras, fonds de teint, fards à joue, eye-liner et rouges à lèvres. Leur connaissance est fondée sur la manipulation de pigments et matières destinés a être appliqués sur la peau.

L’ouverture à l’art leur a permis d’élargir leur vision, de nourrir leur créativité, de faire une expérience en parallèle de leur pratique.


Première étape : L’observation et visite guidée au musée d’Orsay.


Notre guide, Stéphanie Bernardin, nous fait cheminer dans le musée afin d’y observer les œuvres de Gauguin, Van Gogh, des Nabis, des Fauves et des pointillistes.

Ce parcours passionnant nous fait alors découvrir à quel point notre rapport aux couleurs est changeant et subjectif.


Voici quelques éléments issus de mes notes lors de la visite :

Nous avons pu voir comment les réflexions de Goethe et les découvertes de Newton ont influencé les artistes. La lumière est vue comme la pureté. Par exemple Turner empreint du travail de Goethe peignait la lumière avec beaucoup de jaune, venant du soleil, elle était pour lui un acte divin, doré, enveloppant, vecteur de joie.

Monet et les Impressionnistes ont cherché à retranscrire ce que l’œil perçoit "réellement", c'est-à-dire, ce que la lumière nous renvoie des couleurs et des contrastes.

Cette approche analytique fait école et a amené Seurat à son travail de pointillisme méthodique, presque scientifique. Des points de différentes couleurs sont juxtaposés et produisent une couleur globale par un effet d’optique lorsque l’on s’éloigne de la toile.


Au XIX ème siècle les avancées de la chimie permettent à une nouvelle catégorie de peintres de s’exprimer, grâce à des pigments bon marché. Ils sortent la peinture du registre religieux et historique. Auparavant les pigments étaient exclusivement issus du monde végétal, animal et minéral. Pour produire du bleu, il fallait broyer des pierres semi-précieuses, ce qui était très onéreux, les œuvres produites avec ce genre de pigment ne pouvaient venir que de hauts commanditaires.

Grâce à ces nouvelles couleurs, des peintres tel que Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Derain ont pu s’exprimer et nous refléter une vision plus subjective du monde. Van Gogh explique qu’il se sert des couleurs comme reflet de ses émotions, de ses remous intérieurs. Il s’émancipe ainsi d’un réalisme exacerbé.


J’espère que ce petit aperçu - que Stéphanie nous a fait partager et que je vous partage à mon tour - vous donnera envie d’approfondir l’histoire des couleurs.*


Deuxième étape : Exercer son œil et Pratiquer le couleur


Exercer son œil


Aude Lantieri et moi-même avions préparé un jeu ludique, en reprenant des tableaux du musée que nous avions soigneusement sélectionnés pour leur caractère singulier sur le plan de la couleur.

Les participants ont devant eux trois tableaux imprimés en grand format disposés sur des tables. Autour d'eux, des centaines de pastilles colorées.

Le jeu proposé est de trouver les tons de chaque tableau ainsi que leurs couleurs primaires d’origine. La tache peut paraître facile sur le papier, une fois en situation nos yeux nous jouent des tours ! Les participants s’y donnent à cœur joie, on cherche, on se trompe, on ouvre grand ses yeux comme dans une chasse au trésor.






Pour trouver les bonnes couleurs, il faut disposer les pastilles sur les tableaux et les comparer. Certains n’arrivent pas à voir que ce n’est pas la bonne couleur, d’autres prennent des couleurs toujours trop vives.

Il y a un piège, certaines pastilles ne correspondent à aucun tableau.

Ce sont des « primaires », des « pures », des « saturées » pour parler le jargon de la couleur.

Les pastilles qui correspondaient aux tableaux sont des « gris » c’est à dire issus du mélange de trois couleurs primaires.

Le but de l’exercice est de montrer que même les tableaux les plus vifs, où les couleurs paraissent pures, sont faits de nuances de gris colorés.


Lorsque l’on fait le constat que la plupart des peintres n’utilisent que trois couleurs primaires de base et du blanc, pas de noir, c’est souvent un grand étonnement!

Bien sûr il y a toujours des rebelles qui en utilisent plus, sans eux l’art n’évoluerait pas, mais disons que c’est une règle utile pour tout début dans la couleur.

De plus, il est important de préciser qu’il y a plusieurs couleurs primaires : plusieurs types de bleu, de jaune et de rouge qui donneront des secondaires différentes en fonction de leur mélange, différents violets, oranges et verts, et bien sûr une infinie de gris différents.


Pratiquer le couleur


C’est le grand bain, c’est le moment de choisir ses couleurs primaires.

Quel bleu ? Quel jaune ? Quel rouge sont à l'origine des tableaux ?

Une fois les couleurs primaires choisies, on n’en changera pas, c’est la clé d’une harmonie colorée réussie.

Les participants sont invités à « contre-typer » les couleurs d’un tableau ayant les mêmes primaires de bases. « Contre-typer » c’est reproduire une couleur similaire a une couleur du tableau, c’est-à-dire trouver la couleur qui a la même teinte, le même niveau de saturation et de valeur que celle d’origine. L’exercice n’est pas facile, mais cette pratique est d’une efficacité redoutable pour exercer son œil.


Chaque personne a produit ses propres couleurs qui se marient parfaitement bien aux couleurs contre-typées puisqu’elles proviennent des mêmes « parents », des mêmes primaires.


Enfin ces couleurs ont été appliquées sur des formes découpées par nos soins, et posées sur des fonds de petits formats toujours dans la même harmonie colorée. Ici le jeu était de jouer avec les formes et les espaces, c’est la découverte de la composition.





A la fin de l’atelier, les productions disposées les unes à coté des autres reflètent une diversité étonnante, tout le monde est fier de sa production, l’instant est chaleureux, on aurait pu rester là des heures. Hélas c’est la fin de l'aventure, il est temps de ranger.






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La Charpente, Galerie École d'art a été fondée en octobre 2001 par Aude Lantieri et dirigée aujourd'hui par sa fille Marilou Lantieri.

L'école a pris place à Saint-Mandé dans l'ancienne serrurerie Métivet, construite en 1904. Trois générations de serruriers s'y sont succédées "de père en fils", aujourd'hui la filiation continue mais cette fois "de mère en fille".

"Charpentes en Fer", atelier de serrurerie Métivet, début du XX ème siècle

Tout est encore là : l'établi de sept mètres, la forge et sa soufflerie, l'enclume et la belle clef en fer forgé qui servait d'enseigne.

ll y eut, paraît-il, jusqu’à 40 ouvriers envoyés sur les chantiers environnants pour mettre en place les charpentes façonnées dans l’atelier. L'inscription "CHARPENTES EN FER" peinte au dessus du portail a été remplacée par "LA CHARPENTE".

 

L'atelier possède une verrière zénithale appréciable pour les activités artistiques. Nous y proposons des cours et des stages aux amateurs grands et petits.

L’ancienne boutique s’est transformée en galerie. Une dizaine d'expositions y est présentée chaque année. 

La galerie accueille également le cours de bande dessinée et permet à des tiers d’avoir un bel espace pour pratiquer leurs activités.

En 2004, la Charpente a continué ses activités sous la forme associative.

Sarah Khireddine en est la présidente, Annabelle Vaillant la trésorière et Paul Marchesseau le secrétaire.

Depuis Janvier 2008, l'association est agréée "Jeunesse et Education populaire" par le département du Val-de-Marne.

HISTOIRE DE LA CHARPENTE

De la serrurerie "Charpentes en Fer" à l’école d’art